LA REVOLUTION


En 1789, il courait quelques grandes idées sur les Etats Généraux et les réformes qu'on pouvait en attendre.

Mais les gens de Sainte-Marie, des Portes et de la Couarde ne se sont pas élevés au-dessus de leurs préoccupations insulaires.

Les doléances fiscales et économiques, qui souvent s'imbriquent étroitement, traduisent les principales raisons de souci des Rétais : Droit sur les marchandises exportées (eaux-de-vie et sel) et importées, réclamations contre les fermes, vingtième, don gratuit...

Au point de vue social, les cahiers portent la marque d'une certaine hostilité, non pas contre la noblesses, inexistante dans l'île, ni contre le clergé, mais contre les gros bénéficiaires, c'est à dire contre les abbayes te les grandes ecclésiastiques qui touchent dans l'île des dîmes et redevances féodales élevées sans contrepartie de service, sans même y résider.

St Martin en Ré, Porte des Campani... Les Rétais demandent à pouvoir racheter ces redevances et souhaitent que soient payés sur les biens de ces gros bénéficiers les pauvres vicaires qui ne subsistent que par les quêtes.

Malgré la demande d'un Rétais, la guillotine n'avait pas été dressé dans l'île.

Mais les temps restaient durs. De 1790 à 1795, lîle souffrit de la disette, presque de la famine. Ré, incapable de se nourrir elle-même, devait importer presque toutes ses subsistances.

La Révolution, à partir de 1792, avait supprimé pour les insulaires, le privilège de ne servir que chez eux.

Ne pensons pas cependant que tout le monde mourait de faim dans l'île à cette époque, et même par une réaction habituelle aux temps de disette, on faisait bombance quand on le pouvait. Ainsi les marchands, artisans et militaires qui composaient en 1812, la loge maçonnique de Saint-Martin, la Sagesse, s'offrirent à trois francs par tête un diner de cinquante couverts dont le menu se présentait ainsi : potage au pain et au vermicelle, sept plats de viande (boeuf, langue de boeuf, fricandeau, canard farci, vol-au-vent financière, dinde rôtie, veau rôti) pomme et poires, compotes et confitures, fromages, avec vin, café ou thé et le coupe du milieu. il s'agit sans doute d'un ancien menu à la Française où chaque convive choisissait parmi les plats sans les manger tous.                                                                                             

 Pêcheur de Rivedoux vers 1840

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